Le Siècle

S’il est un club qui ne vous cache rien en apparence, c’est bien le club « le Siècle ». Son existence n’a jamais été démentie. Ne rien cacher pour ne pas attirer les regards curieux, c’est la stratégie choisie par ce club de pensée (ou « think tank ») qui réunit l’élite politique, économique et journalistique française.

Fondé en 1944, le club « Le Siècle » a un statut d’association. En tant que tel, le club nous annonce au 1er janvier 2011 être composé de 751 membres et 159 invités.
Une liste non-exhaustive des convives est disponible sur Wikipédia. Prenez le temps d’en tirer des conclusions, les miennes seront développées.

À y regarder de plus près, on remarque certains détails pour le moins troublant :

  • La présence des dirigeants d’établissements financiers (AXA, BNP, LCL, Banque de France, Banque Centrale Européenne…)
  • La présence de dirigeants d’entreprises (Dassault, Pépy…)
  • La présence de nombreux journalistes (Pujadas, Field, Jeambar, Joffrin, PPDA, Duhamel, Chain, Colombani, Chabot…)
  • La présence de dirigeants syndicalistes CGT, CFDT, MEDEF…
  • La présence de personnalités politiques de bords opposés (Aubry, Hollande, Valls, Jospin, Huchon / Sarkozy, Fillon, Besson, Copé / Lepage, Bayrou, Chevènement…)

Dans le dernier point que j’ai abordé, on remarquera essentiellement l’existence de trois bords politiques ayant droit de cité au Siècle :

  • L’UMP.
  • Le PS.
  • Les centristes (Bayrou : MoDem | Lepage : CAP 21 | Chevènement) ayant plus ou moins d’affinités avec la Majorité Présidentielle.

Exit donc les extrêmes et les formations politiques de moindre envergure. Mais la liste des personnalités étant non-exhaustive, mon affirmation peut se retrouver erronée. Si quelqu’un est en mesure de me fournir la liste complète des adhérents du club (par le livre « Au coeur du pouvoir » par exemple), je suis preneur. Le site internet du Siècle est quelque peu muet sur l’identité de ses convives…

Le conseil d’administration du Siècle se réunit une fois par mois pour étudier les dossiers des potentiels nouveaux membres, dossiers obligatoirement parrainés par deux membres confirmés du club. Aucune candidature spontanée n’est acceptée. Puis l’admission est soumise à un vote. Chaque membre du conseil d’administration dispose d’une boule blanche (accord) et d’une boule noire (refus). Chaque boule noire vaut deux blanches. Si trois boules noires apparaissent, vous êtes refusé, et ce pour éviter les « tensions internes ». Devons-nous donc comprendre que la présence de politiciens et syndicalistes aux idées (en apparence) opposées ne créée pas de tensions ? Je vous laisse en juger.

Le club « le Siècle » a ses habitudes. Dix fois par an, le dernier mercredi du mois, le club se réunit à l’Automobile Club, hôtel de Crillon, place de la Concorde, dans le 8ème arrondissement de Paris. Le dîner se déroule par groupe de 8 autour d’un chef de table qui organise le débat.

Je pose la question :
→ Doit-on faire confiance à des politiciens qui vitupèrent à la télévision, allant parfois jusqu’à l’invective, puis se réunissent (plus ou moins secrètement) pour dîner ?
→ Les discussions qui se tiennent au sein du club ne font pas l’objet de reportages, d’articles de journaux, les fuites sont quasi-inexistantes… alors devons-nous accorder encore du crédit à ceux qui prétendent au poste de chef d’État ?

Simples exemples :

  • Aujourd’hui vendredi 13 janvier, Rachida Dati déclarait sur RTL que la candidature de François Fillon aux législatives était « Une candidature de pantouflage ». La même Rachida Dati aperçue en octobre 2010 avec les membres du club, le même François Fillon qui est membre du club.
  • 4 janvier 2012 : Hollande qualifiait Sarkozy de « sale mec ». S’en suivaient des querelles entre membres de l’UMP et du PS, eux-mêmes membres du Siècle et habitués des repas de l’Automobile Club.
  • Mêmes remarques concernant les journalistes qui interviewent régulièrement ces politiques, et qui partagent des moments de convivialités au sein du club…

Libre à vous de penser qu’il y a pas anguille sous roche…
La vérité est ailleurs.