Stallman

Je vois déjà les libristes grincer des dents et s’insurger contre le titre et l’image d’illustration de cet article. Les lecteurs habituels connaissent mon goût prononcé pour la provoc’, la critique gratuite et l’humour bancal. Pourtant, dans ce billet, je vais vous livrer sans détour mes impressions sur Richard Stallman, le « père » du logiciel libre.

Richard Matthew Stallman, né le 16 mars 1953 à New York, diplômé de la prestigieuse université Harvard et actuel président de la Free Software Foundation. Autant vous le dire tout de suite, j’ai beaucoup de respect pour ses travaux et ses talents de programmeur. Sans lui, GNU/Linux ne serait pas ce qu’il est. Pourtant, j’ai une réelle aversion pour ses prises de position, toujours extrêmes.

M.Stallman est un homme qui lutte activement contre l’informatique propriétaire. Si vous êtes plus ou moins étranger à ces concepts, je vais résumer simplement : un logiciel dont le code source n’est pas ouvert (ex : votre système Windows ou Mac OS, vos jeux vidéo PS3/Xbox/Wii) est un logiciel dangereux. Dangereux ?! Non, je n’exagère pas. Pour M.Stallman, c’est dangereux. C’est un logiciel privateur, comme il aime les appeler. Pourquoi ? Parce que, schématiquement, on ne voit pas ce qu’il y a dedans. C’est un peu comme manger un aliment sans avoir accès à la liste des ingrédients.

Dans le fond, il n’a pas tout à fait tort. L’avantage des logiciels libres, c’est l’accès à leur code source. Ainsi, on peut avoir la certitude que le logiciel en question fait son travail et rien de plus (exécution de code malicieux par exemple).
Le problème réside dans sa vision de l’informatique. Pour lui, il faudrait une informatique libre à 100%, dépourvue de logiciels propriétaires. Pour faire clair : les programmeurs désireux de vendre leur travail ne le pourraient plus.

À titre d’exemple, le site Windows7Sins. Mieux encore, l’interview de Libération, qui affiche clairement la vision du gourou : les programmes doivent être « la propriété collective de l’humanité ».
Là, j’en viens à mon image d’illustration. Pour moi, Stallman se rapproche d’un militant communiste. Le Karl Marx des geeks. Aussi communiste que conspirationniste. Il faut le savoir, M.Stallman n’a pas de téléphone mobile, car ces objets nous tracent, et les morceaux de codes propriétaires (Android n’est pas 100% libre) pourraient permettre de faire du mobile un système d’écoute. (Ça vous intéresse ? C’est sur le site du Monde)
M.Stallman, la rubrique « The X-Files » vous le prouvera plus ou moins, je ne suis pas en total désaccord avec vous sur ce point. Mais avez-vous entendu parler d’Echelon ? À partir de là, refuser d’utiliser un mobile est ridicule.

Gourou, j’ai utilisé le terme gourou. Je voudrais également éclaircir ce point. De la même manière que je qualifiais (plus ou moins de façon humoristique) Apple d’église (et donc S.Jobs de gourou… et c’est le cas ! Il faut être aveugle pour ne pas voir les quelques illuminés qui vouent un culte à l’homme et à l’entreprise), Richard Stallman est également un gourou. Il a sa troupe de fidèles, ces geeks qui mettent un point d’honneur à ne pas avoir le moindre bout de code propriétaire dans les logiciels qu’ils utilisent, ces geeks qui réencodent leurs MP3 en OGG parce que le MP3 : « Ça pue, c’est pas libre. », ces geeks qui boivent les paroles de Stallman comme s’il s’agissait de paroles d’évangile.
D’ailleurs, sur certaines photos, le sieur apparaît drôlement accoutré…

Dernier point que je voudrais aborder : la prédominance de sa philosophie sur l’humain. Cela n’a échappé à personne, Steve Jobs est mort. Je ne suis pas du genre à noyer qui que ce soit sous les louanges parce qu’il vient de disparaître. De Steve Jobs, je ne retiendrai essentiellement que son excellent parcours comme dirigeant d’entreprise. Richard Stallman, lui, a préféré créer la polémique. (Un résumé de ses propos en français)
En gros : Stallman regrette le décès de Jobs, mais pense que cela fera peut-être progresser le logiciel libre, alors tant mieux.
C’est une façon de voir les choses…

Richard, c’est le genre de mec qui pourrait dire un jour : « Nos ordis valent plus que leurs profits ».